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« One cannot not communicate » (« On ne peut pas ne pas communiquer »)
Paul Watzlawick, 1967
« Your silence will not protect you. » (« Ton silence ne te protègera pas. »)
Audre Lorde, le 28 décembre 1977
"In the end, we will remember not the words of our enemies, but the silence of our friends."
Martin Luther King Jr., le 4 avril 1967
« Votre silence sera étudié par vos grands enfants »… Soyons ces grands enfants, il est temps !
Si on imagine les mots comme des objets, on imagine souvent les silences comme de simples espaces entre ces objets. Et pourtant… ces espaces sont bien plus que ça. Il semblerait que ces silences aient leur propres valeurs et des formes (durées) et des fonds (sens). De fait, il n’apparait pas comme absurde d’envisager ces silences comme une langue en soi. Et une langue, ça s’apprend.
Un brouillard persiste encore aujourd’hui autour de ces silences qu’on n’ose encore nommer pleinement. Et si nous arrêtions de romantiser ces silences comme s’ils étaient destinés à nous échapper plus que nos mots et que nous commencions à accepter de les voir comme ils sont, c’est-à-dire comme étant tout autant vecteurs de sens ?
Et si nous systématisions le fait d’avoir le droit d’acter de leur existence, et que ces valeurs de silences puissent être intégrées à ce qui fait notre état de droit ? : des agressions telles que des insultes sont punissables par la loi, mais des silences imposés peuvent souvent faire bien plus de mal que des mots encore. Encore plus si le silencisme est systémique. N’est-il pas temps de se relever les manches et d’œuvrer à répertorier ces silences, à dire les non-dits ? N’est-il pas temps de faire en sorte que le silence ne soient plus le dernier refuge lâche des violences de dominations ?
Présentation de l’app, de sa fonction et de sa vocation : Psylence est une application évolutive et interactive, vouée à l’élaboration d’un « dictionnaire » des silences tout en tentant de liés à leurs impacts émotionnels. Cet outil à portée expérimentale est destiné à évoluer, à s’enrichir et à se nuancer. Psylence se veut être un outil destiné en premier lieu aux professionnels de la santé mentale, autant aux chercheurs en psychologie au sens large (psychologie sociale, psychologie clinique, neuropsychologie…) que psychologues praticiens. Cet outil est également vouée à un plus grand public adulte, avec une attention particulière à servir à ce que les enfants puissent plus facilement nommer des violences subies non-physiques et non-verbales.
Il y a quelques années j’ai été victime de violences conjugales. En une année de relation, mon ex partenaire m’a frappé physiquement plusieurs fois. À chaque fois un peu plus fort. Lorsque je l’ai quittée, elle ne voulait pas me rendre mes clés, m’a menacé de revenir… j’étais perdu, j’ai décidé de porter plainte. Au commissariat de mon quartier, j’ai eu la chance de tomber sur une psychologue qui m’a cru, qui a trouvé un policier qui m’a cru. Avec eux on a écrit mon dépôt de plainte autour de chaque événement, et je suis rendu compte d’à quel point la violence physique était systématiquement la point de la pointe de l’iceberg : tout le reste c’était de la violence psychologique. Que cette violence psy, quand elle ne suffisait plus à écraser l’autre, finissait par les coups. Pour me dominer et contrôler toutes les situations, il y avait des mots méchants, des saillances de bruits, mais la majeure partie des saillances était insonores.
Je me suis rendu compte qu’un des ingrédients principaux de la violence de domination était : les silences. La réduction au silence est devenue d’abord familiale : quand j’ai annoncé à ma mère que j’ai porté plainte, ses premiers mots ont été « ok, mais t’es sûr, imagine s’il y a un procès, qui va-t-on va croire entre une femme et toi (un homme) ». Puis les amis : structurelle : ma plainte a été classée sans suite. Je sais au moins que quand j’ai porté plainte, j’ai été cru par une psy et un flic, et ça m’a permis de me reconstruire. Ne pas oublier dans l’équation des privilèges : je suis un homme, blanc, valide.
Les langues se sont déliées aussi, quand j’ai parlé pour la première fois de violences à des hommes, j’ai été fort surpris d’entendre que plusieurs d’entre eux s’étaient déjà pris une baffe, et que bien souvent, les mots violents étaient présents, et les silences punitifs n’en parlons pas.
Cette expériences de vie et tant d’autres m’ont mis face à ma responsabilité, mais aussi à la responsabilité des groupes et grands groupes dont nous faisons partie.
Je considère que nous vivons encore trop dans ce que j’appellerai l’air de « l’obscurantisme des silences ». Qui favorise le « Silencisme », cette instrumentalisation des silences comme outil de domination systémique servent à bcp d’autres outils de domination systémique : racisme, sexisme, validisme, âgisme, inceste…
Pour mettre fin aux logiciels basés sur la violence de domination, il m’a apparu alors très clair qu’il fallait prendre le mal à la racine : si on déconstruit ce qui s’insinue dans les zones d’ombres (le silence ici), on réduit l’accès à ce logiciel à des outils de domination, et donc on réduit statistiquement les violences dominations, et donc les violences psychologiques, et donc les violences physiques.
N’oublions pas qu’il y a aussi bcp de très beaux silences, consentis, élégants, inspirants et sortir les silences de l’ombre, et exposer en plein jour ces silences de violences de domination, c’est justement refaire de la places à ces beaux silences.
Cette action est définitive et irréversible.
Psylence est actuellement en cours de maintenance et de mise à jour. Merci de votre patience, l'accès sera rétabli très prochainement.